Les frontaliers gagnent 13% de moins que leurs collègues suisses

Fecha de publicación: 3 de junio de 2015

Une statistique cantonale met en évidence les différences de salaire médian entre Suisses et frontaliers. Les cadres supérieurs étrangers, eux, sont mieux payés

Le salaire médian des frontaliers dans le canton de Vaud est globalement inférieur de 7% au salaire médian des salariés suisses, selon une statistique officielle du canton publiée mardi. Chez les hommes, la différence est même de 13%, alors qu’elle est de 6% pour les femmes.

Toutes catégories confondues, le salaire médian dans le canton de Vaud est de 6200 francs. Il est de 5800 francs pour les frontaliers et de 5500 francs pour l’ensemble des étrangers.

Le salaire moyen est une valeur centrale qui divise les salariés en deux groupes d’égale importance, l’une gagnant plus que la médiane et l’autre gagnant moins.

Si les frontaliers sont dans l’ensemble moins bien payés et partent d’un niveau de salaire inférieur, la statistique indique aussi que leur salaire médian progresse plus fortement que celui des Suisses. Cette progression a été de 16% depuis 2002 pour les frontaliers, contre 11% pour les salariés suisses.

L’étude vaudoise montre de plus qu’il n’y a plus d’infériorité salariale des frontaliers lorsque ceux-ci occupent des postes de cadre moyen ou supérieur. Au contraire: dans le haut de l’échelle des salaires, leur rémunération est de 5% supérieure à celle des Suisses.

La présence croissante de cadres parmi les frontaliers a été attestée empiriquement dans les entreprises vaudoises, sans avoir été pour autant précisément documentée, indiquent des représentants de l’économie interrogés par Le Temps.

Ce «bonus salarial» de 5% pour les postes à responsabilité occupés par les frontaliers ne trouve pas d’explication spécifique autre que celle qui vaut pour les étrangers en général. Cela confirme que pour certains profils spécifiques, les entreprises sont prêtes à verser des salaires élevés et attirent plus facilement des compétences venues de l’étranger, note ainsi le Service vaudois de la statistique.

Du reste, si l’on prend en compte l’ensemble des étrangers, et non plus seulement les frontaliers, ce dernier différentiel salarial lié à l’origine est encore nettement plus marqué. Bien que proportionnellement moins nombreux, les cadres supérieurs étrangers touchent un salaire médian de 12 000 francs, contre 9900 francs pour les Suisses occupant les mêmes fonctions, soit un avantage de 22%. Un tiers des postes de cadres supérieurs et moyens sont occupés par des étrangers dans le canton de Vaud.

Ecart de 1600 francs
entre le privé et le public

La statistique vaudoise, basée sur les chiffres 2012, met aussi en évidence une nette différence entre le secteur privé et le secteur public pour le salaire médian. Ce salaire médian est ainsi de 5894 francs dans le privé, alors qu’il monte à 7490 francs dans le secteur public.

Les statisticiens expliquent cette différence par la plus forte représentation des formations tertiaires dans le secteur public. En effet, 58% des salariés du secteur public ont fait des études supérieures, contre 23% seulement dans le privé.

Cette étude vaudoise montre encore que les disparités entre hauts et bas salaires augmentent dans le secteur privé. Les 10% des salariés les mieux payés (11 000 francs et plus) ont vu leur rétribution augmenter de 21% en dix ans, alors que celle des salariés les moins bien payés (moins de 3700 francs) n’a augmenté dans le même temps que de 8%.

Le salaire médian vaudois (6197 francs) est inférieur au salaire médian suisse, qui monte à 6439 francs: 6118 francs dans le privé et 7750 francs dans le public.

Cette position peu avantageuse peut étonner de la part d’un canton associé à une région lémanique fière de sa croissance et de sa prospérité. S’agissant de données non standardisées, l’écart peut s’expliquer, du moins en partie, par une proportion moindre de salariés à plein-temps dans le canton (67%, contre 71% au niveau suisse). Seuls 5% des salariés vaudois gagnent plus de 10 000 francs nets par mois.

Fuente: Le Temps, 02.06.15